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Subventions FLAM 2026 : donner au réseau les moyens de répondre aux besoins des familles

À l’occasion du Conseil d’administration de l’AEFE du 26 juin 2026, Anne Henry-Werner, présidente de la Fédération FLAM Monde et experte FLAM représentant les associations et fédérations du réseau, a pris la parole pour rappeler la place essentielle des associations FLAM dans l’accompagnement des familles françaises et francophones établies à l’étranger. Une intervention qui fait écho aux conclusions de la commission relative aux subventions FLAM 2026, réunie quelques semaines plus tôt.


La commission relative aux subventions FLAM s’est réunie le 9 juin 2026, en présence de représentants du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, de l’AEFE et des trois fédérations représentatives du réseau : FLAM Monde, Parapluie FLAM et FLAM USA.

Les chiffres présentés à cette occasion témoignent des besoins et du développement du réseau : 67 demandes de subvention ont été déposées par 56 associations réparties dans 25 pays, et validées selon les critères définis par le MEAE et l’AEFE pour le dispositif, pour un montant total de 690 445 €.

Ces demandes sont de trois types  : 26 aides au démarrage, représentant 265 687 € ; 35 subventions de projet, pour 201 869 € ; et 6 demandes destinées au financement de rencontres régionales, représentant plus de 222 889 €.

Face à ces demandes, l’enveloppe disponible pour la campagne 2026 s’élève à 460 627 €. Afin de respecter cette enveloppe, des réductions ont été appliquées aux montants initialement envisagés par l’AEFE : 15 % pour les aides au démarrage – à l’exception des dossiers inférieurs à 2 000 € –, 25 % pour les subventions de projet et 30 % pour les rencontres régionales.

Cet écart entre les besoins exprimés par les associations et les moyens disponibles était au cœur de l’intervention d’Anne Henry-Werner lors du Conseil d’administration de l’AEFE du 26 juin 2026.


PoDans sa déclaration, la présidente de la Fédération FLAM Monde a souhaité rappeler que l’éducation française à l’étranger ne se limite pas à la seule scolarisation dans les établissements homologués.

Elle a notamment appelé à mieux prendre en compte les milliers d’enfants français et francophones qui suivent leur scolarité dans les systèmes éducatifs locaux tout en développant leur maîtrise du français grâce aux associations FLAM.

Nous publions ci-dessous l’intégralité de sa déclaration :


Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’administration,

C’est en qualité d’expert FLAM, représentant les associations et fédérations Français LAngue Maternelle du monde entier, que je prends la parole. Lors des deux précédents CA, en accord avec les fédérations régionales, je n’ai pas fait de déclaration. Ce silence était de notre part une marque de respect face à la gravité des thèmes abordés et des décisions prises pour les établissements homologués du réseau.

Assistant néanmoins régulièrement aux CA, je souhaiterais souligner le fait que l’on y parle évidemment beaucoup d’enseignement, mais que celui-ci n’y est abordé que sous le seul angle de la scolarité ; ce qui est très réducteur.

Puisqu’un vent de réforme est en train de souffler, il est peut-être temps de prendre la mesure des réels besoins de la communauté française établie à l’étranger et d’élargir le champ des possibles ; sans pour autant remettre en cause l’importance du réseau des établissements. À ce titre, je me permets de reprendre la proposition 43 du rapport de Mme Samantha Cazebonne : « Mieux intégrer les associations FLAM dans la stratégie globale de développement du réseau de l’EFE. »

Le réseau FLAM, porté par des associations de parents bénévoles, représente actuellement plus de 10 000 enfants très majoritairement français, les autres étant francophones – pour la plupart binationaux et installés durablement à l’étranger. Ces enfants et adolescents y apprennent et développent des compétences en langue française en complément de leur scolarité dans le système éducatif local. Les parents français y trouvent un soutien, un accompagnement dans l’éducation FLAM de leurs enfants, les familles sont intégrées dans une communauté.

Au-delà du réseau existant, nous accompagnons aujourd’hui des porteurs de projet qui – ayant identifié un besoin – souhaiteraient le rejoindre.

Le besoin est réel, comme en témoignent les chiffres du bilan de l’expérimentation PELF (Pass Education Langue Française) déployé par le MEAE auprès de 1 182 enfants français : 50,43 % des répondants au questionnaire de satisfaction ont exprimé un souhait de création d’une association FLAM !

Autre conclusion de ce sondage : « l’objectif de renforcement du lien entre les enfants français et la France est jugé atteint ! » – Or, là encore, c’est exactement ce que font les associations FLAM !

À la différence du PELF, les associations FLAM ne sont pas gratuites, mais elles ont quasiment toutes pour principe d’offrir un enseignement accessible à tous, d’où le recours, parfois abusif, au bénévolat ou à des niveaux de rémunération très faibles, en général freelance.

Tous les indicateurs concordent mais les moyens ne suivent pas. Et la situation actuelle est extrêmement décourageante et inquiétante. Pour la deuxième année consécutive, le budget dédié au réseau FLAM est inférieur aux besoins exprimés dans le cadre de la campagne de subvention : 450 000 EUR pour 690 000 EUR de demandes validées selon les stricts critères d’éligibilité mis en place par l’AEFE et le MEAE.

Les associations ne le savent pas encore, puisque les résultats n’ont pas encore été officialisés, mais leurs demandes subiront des réductions de 15, 25 ou 30 % en fonction du type de demande.

Et pourtant, suite à l’amendement adopté en début d’année à l’Assemblée nationale permettant d’abonder de 7 M EUR la SCSP de l’AEFE, un certain nombre de parlementaires avaient adressé un courrier au ministre, demandant que 300 000 EUR de ces 7 millions soient alloués au dispositif FLAM. Officieusement, des signaux très positifs leur avaient été donnés du côté du ministère. Mais à la surprise générale, cette rallonge ne s’est pas concrétisée.

Le code de l’éducation nationale confie à l’AEFE, au-delà de sa mission de service public en matière de scolarisation, des missions de rayonnement de la langue et de la culture française, de coopération éducative et d’innovation pédagogique : le réseau FLAM contribue très concrètement à toutes ces missions.

Mesdames, Messieurs, les besoins sont désormais objectivés. Les dossiers ont été instruits et validés selon les critères fixés par l’AEFE. Les associations sont prêtes. Il manque aujourd’hui un arbitrage budgétaire de 250 000 EUR pour permettre à cette politique publique d’atteindre pleinement ses objectifs. Nous vous demandons donc de procéder à cet arbitrage et de donner au réseau FLAM les moyens de répondre aux demandes déjà jugées recevables.

N’oublions pas que ce réseau forme des enfants français qui, devenus adultes, pourront s’adresser en français à leur consulat, renouveler un passeport, accompagner leurs propres enfants dans la transmission de la langue et de la culture française. Nous parlons là de futurs électeurs et de futurs ambassadeurs de la France à l’étranger.

Pour finir sur une illustration du dynamisme et de l’efficacité du réseau et de l’enseignement FLAM, j’ai le plaisir de vous présenter, au nom des fédérations Parapluie FLAM UK, FLAM USA et FLAM Monde, la 2e édition du FLAM Mag, qui est passé en un an de 50 à 96 pages. On y trouve des productions, articles, podcasts réalisés par les élèves d’associations FLAM dans le cadre de projets proposés par la Fédération FLAM Monde.

Merci pour votre écoute.


À travers cette intervention, la Fédération FLAM Monde souhaite rappeler que les associations FLAM constituent une composante à part entière de l’éducation française à l’étranger.

Portées très largement par l’engagement associatif et bénévole des familles, elles permettent à des enfants scolarisés dans les systèmes éducatifs de leur pays de résidence de maintenir et développer leur français, de conserver un lien vivant avec la langue et la culture françaises et de grandir au sein d’une communauté francophone.

La campagne 2026 montre également que les besoins ne faiblissent pas : de nouvelles associations se créent, des projets pédagogiques se développent et les rencontres entre associations permettent de mutualiser les pratiques et de professionnaliser progressivement le réseau.

La Fédération FLAM Monde continuera, aux côtés des fédérations régionales et des associations, à porter leur voix auprès des institutions et à défendre les moyens nécessaires au développement d’un réseau qui joue un rôle essentiel auprès des familles françaises et francophones établies à l’étranger.

Consulter le compte rendu de la commission relative aux subventions FLAM du 9 juin 2026 :
Compte rendu officiel de la commission FLAM 2026 – AEFE


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