Baromètre 2026 : FLAM Monde porte la voix des FLAM
L’association représentative des Français de l’étranger et reconnue d’utilité publique Français du Monde-adfe (FdM-adfe) a présenté, le 10 octobre au Sénat, les principaux axes des résultats de la 4e édition de son « Baromètre des Français de l’étranger ».
La présentation des différents thèmes a été ponctuée par des témoignages, limités à cinq minutes, illustrant la réalité du terrain. Parmi eux, Anne Henry-Werner, présidente de FLAM Monde et également membre du bureau national de FdM-adfe, a été invitée à apporter un éclairage sur la situation des enfants FLAM ainsi que sur l’utilité de ce réseau associatif. Après avoir rappelé ce qu’est un « enfant FLAM », elle a fourni quelques éclairages sur les chiffres du baromètre et a terminé son intervention par quelques pistes de réflexion. En conclusion, elle a dénoncé le manque de moyens criant dont souffre le réseau FLAM depuis deux ans, sacrifié sur l’autel des contraintes budgétaires.

Voici le texte complet de son intervention :
1. Qu'est-ce qu'un enfant FLAM ?

Le profil type d’un enfant et d’une famille FLAM, c’est un enfant qui est né et qui grandit à l’étranger dans une famille bi- ou plurinationale, avec un parent français ou francophone. Parfois, de plus en plus souvent même, ce parent est lui-même binational, est né à l’étranger et n’a jamais vécu en France (2e génération).
Cet enfant fréquente dès son plus jeune âge des structures locales (crèche/nounou, jardin d’enfants/maternelle/école primaire, etc.). Bien souvent, la langue de la famille est également la langue du pays.
L’enfant est donc surexposé à la langue du pays, dans laquelle il apprend très vite à communiquer et dans laquelle il se sent à l’aise, mais il est, au fil du temps, de plus en plus sous-exposé à la langue française et ne l’utilise pas ou très peu.
2. Interprétation des chiffres du baromètre
Sur 25 688 répondants, 21,9 % citent l’extension du dispositif FLAM parmi les attentes éducatives. À première vue, cela peut paraître peu, mais cette impression se relativise lorsque l’on considère que 43 % des répondants ont entre 55 et plus de 75 ans et ne sont donc pas concernés. Une partie de la tranche d’âge 45-54 ans ne l’est pas non plus. Parmi les autres répondants, ne sont également pas concernés ceux dont les enfants sont dans le réseau AEFE ainsi que les 44 % qui disent ignorer totalement l’existence du réseau éducatif français (même si, là, on ne sait pas quelle catégorie d’âge est la plus concernée).
Face à cela, d’autres chiffres en lien avec le sujet sont parlants :
- Pour 93 %, la langue française est le principal marqueur identitaire.
- 43,4 % sont des binationaux.
Autre source de chiffres probante et officielle :
Le bilan de l’expérimentation PELF (Pass Éducation Langue Française), déployée par le MEAE auprès de 1 182 enfants français sur une année de cours gratuits en ligne :
- 50,43 % des répondants au questionnaire de satisfaction ont exprimé un souhait de création d’une association FLAM !
- 40 % des familles (certaines familles y avaient plusieurs enfants) avaient répondu à ce questionnaire.
Autre conclusion de ce questionnaire : « L’objectif de renforcement du lien entre les enfants français et la France est jugé atteint ! »
Au-delà de l’interprétation des chiffres, quelques réflexions…
3. Pourquoi ces enfants doivent-ils avoir accès à un enseignement en langue française (hors scolarité) ?
Il faut d’abord tordre le cou au mythe de « l’enfant éponge » qu’il suffit d’exposer à une ou plusieurs langues pour qu’il les maîtrise rapidement et parfaitement. Ça, c’est la théorie ! Les enfants exposés dès leur naissance à deux ou plusieurs langues les comprennent très rapidement. Cela ne veut toutefois pas dire qu’ils vont les utiliser et les développer. La langue du pays va se développer tandis que le français va – au mieux – stagner à un niveau basique.
Or, ces enfants n’en sont pas moins des citoyens français. Pendant l’enfance et l’adolescence, on se crée une identité en grande partie à partir de ses racines familiales et culturelles. Il est donc essentiel que nos enfants français à l’étranger puissent également s’approprier cette langue et s’identifier à sa culture, qui sont la langue et la culture d’une partie de leur famille. Il est essentiel qu’ils développent une relation positive avec cette partie de leur identité. Il est en outre essentiel que cet enseignement soit financièrement accessible à tous.
4. Quel est le bénéfice pour la France
À travers cette intervention, la Fédération FLAM Monde souhaite rappeler que les associations FLAM constituent une composante à part entière de l’éducation française à l’étranger.
Portées très largement par l’engagement associatif et bénévole des familles, elles permettent à des enfants scolarisés dans les systèmes éducatifs de leur pays de résidence de maintenir et développer leur français, de conserver un lien vivant avec la langue et la culture françaises et de grandir au sein d’une communauté francophone.
La campagne 2026 montre également que les besoins ne faiblissent pas : de nouvelles associations se créent, des projets pédagogiques se développent et les rencontres entre associations permettent de mutualiser les pratiques et de professionnaliser progressivement le réseau.
La Fédération FLAM Monde continuera, aux côtés des fédérations régionales et des associations, à porter leur voix auprès des institutions et à défendre les moyens nécessaires au développement d’un réseau qui joue un rôle essentiel auprès des familles françaises et francophones établies à l’étranger.
5. Conclusion
Tous les éléments convergent vers une nécessité et un besoin d’offrir aux enfants et jeunes Français à l’étranger un enseignement (linguistique et culturel) en langue française. Cet effort est porté avec grand succès par le réseau associatif des associations FLAM, qui, pour certaines, sont actives depuis plus de 40 ans ! Qui dit associations, dit bénévolat, et c’est en effet grâce à un engagement bénévole prononcé et à des rémunérations faibles (statut freelance) que cet enseignement est financièrement accessible à tous.
Mais le recours au bénévolat a ses limites et un soutien affirmé est indispensable pour pérenniser le réseau et répondre aux besoins. Or, de ce point de vue et sans rentrer dans les détails, la situation actuelle est inquiétante. Pour la deuxième année consécutive, le budget dédié au réseau FLAM est inférieur aux demandes validées selon les stricts critères du dispositif dans le cadre de la campagne de subvention.
Pour plus d’informations sur le Baromètre des Français de l’étranger : restitution du Baromètre Français du monde 2026
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